Historique

Le Docteur Michel Devort.Dès sa création en 1986, le CICB a cherché à promouvoir les recherches sur les différentes espèces de bécassines et sous toutes leurs formes. Le Docteur vétérinaire, Michel Devort, actuel vice-président et qui fut l’un des premiers adhérents du Club (carte n°15), a été pendant de nombreuses années le principal animateur des études et recherches en tous genres. Rappelons qu’au moment de la création du CICB, il venait de terminer, avec de nombreux collaborateurs son livre magistral, Les bécassines et leurs chasses (Éditions de l’Orée, 1986) (cf. Publications du CICB). Toutes ces études ont été menées en France et dans de nombreux pays étrangers, notamment en Afrique : Bénin, Cameroun, Gabon, Maroc, Sénégal, Tunisie, Zaïre ; en Europe : Irlande, Grande-Bretagne, Portugal ; et jusqu’en Argentine, au Canada, aux USA et en Chine… Ceci en fonction des possibilités et des opportunités, sur plus de dix espèces différentes de bécassines, dont en particulier : la bécassine des marais (Gallinago gallinago), la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus), la bécassine double (Gallinago media) et la bécassine du Paraguay (Gallinago paraguaiae). Pour la petite histoire, il faut savoir que le Dr. Devort a assuré l’analyse d’environ 80 000 plumages de bécassines associée à un nombre considérable d’autopsies de contrôle.

Ces travaux ont été résumés dans plusieurs publications scientifiques, ainsi que dans des ouvrages propres au Club ou publiés en collaboration (Cf. Publications du CICB).

Bécassine des marais (Gallinago gallinago)Bécassine des marais (Gallinago gallinago)

Le principal travail a évidemment été réalisé sur la bécassine des marais. Une première série d’études a été effectuée par le Dr Devort seul, entre 1975 et 1985 sur des oiseaux prélevés dans la région du bassin d’Arcachon (33). Ces études basiques avaient pour objet la reconnaissance de l’âge et du sexe et des mues post-nuptiales et post-juvéniles par simple analyse du plumage. Elles ont été soutenues par 600 autopsies. Avec l’aide du CICB une étude beaucoup plus large des sexe ratio et des âge ratio a été menée sur près de 30.000 oiseaux entre 1986 et 1996. Cette étude réalisée par la lecture des plumages (aile et queue) a été largement détaillée et ses résultats présentés dans le livre publié avec l’aide d’OMPO : La bécassine des marais éléments pour un plan d’action (1997). Les travaux et la méthode de lecture externe de Michel Devort, furent également la base technique qui permit de publier en collaboration entre OMPO et le CICB en juin 2002 la brochure de 8 pages intitulée : Clé de détermination de l’âge et du sexe de la bécassine des marais gallinago gallinago par l’examen du plumage. Cette brochure permet avec un peu d’attention et de méthode à n’importe quel chasseur ou amateur non averti de déterminer l’âge et le sexe d’une bécassine des marais tenue en main.

Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus) Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus)

Cette espèce très peu étudiée par les ornithologues de profession a d’abord fait l’objet de la création par le Dr Devort d’une méthode de lecture externe du plumage pour la détermination de l’âge (celles qui existaient auparavant s’étant révélées inexactes). Cette méthode fut expliquée dans la brochure publiée par le CICB en octobre 2001 : Contribution à l’étude du statut de la bécassine sourde lymnocryptes minimus. Dans cette brochure, l’étude des âge ratio est détaillée entre 1993 et 2000 sur 3.262 oiseaux collectés. Mais cette publication comporte également une étude des prélèvements réalisés sur cette espèce depuis 1892. Ce travail statistique a été mis en parallèle avec l’étude de l’ONCFS (Enquête sur les prélèvements par la chasse en France pour la saison 1998-1999) et obtenu des résultats très proches pour cette année. Elle a également montré la grande stabilité des tableaux sur les vingt dernières années. Les deux études du CICB, après leur publication, furent reprises et confortées par une étude statistique des reprises de bagues de bécassines sourdes réalisée par le Dr Herby Kalchreuter de l’Institut Européen de Recherche sur la Faune sauvage (EWI), à la demande du Comité technique de l’AEWA. Le résultat final fut le changement de classification de cette espèce par l’AEWA ; son statut est passé du stade de " défavorable " au stade de " favorable ". Enfin la population qui était dramatiquement sous-estimée a été portée à 500.000 couples nicheurs, ou 2 à 3 000 000 d’individus après la nidification.

Bécassine double (Gallinago media)Bécassine double (Gallinago media)

À partir de 1990 et jusqu’en 2000, le Dr Devort reçut de quelques membres expatriés du CICB des plumages (aile et queue) de bécassines doubles en hivernage en Afrique, avec des renseignements (poids, longueur de la tête et du bec…) dont la liste était mise au point avec les chasseurs. Ces oiseaux au nombre de 3 247, ont été prélevés dans quatre pays : Bénin, Cameroun, Gabon et Zaïre. Pour chaque oiseau, le Dr Devort a indiqué sur une ligne de cahier la formule alaire (méthode Ginn & Melville). Le résultat couvrait sept grands cahiers Exacompta !

Après une première publication par le CICB (Cf. Publications du CICB), Michel Devort se tourna vers d’autres travaux. Ce n’est qu’en 2003 que parue sous la plume d’un autre adhérent du CICB et élève de Michel Devort, le Dr Edouard Debayle, une thèse vétérinaire intitulée Contribution à la connaissance de la bécassine double Gallinago media, étude de l’hivernage en Afrique à partir d’un échantillon prélevé sur 10 ans. Ce travail reprend toutes les retranscriptions de l’état alaire faites par Devort et explore complètement les pistes imaginées par ce dernier. Cette thèse novatrice a été très bien notée par le jury.

La thèse vétérinaire du Dr. Edouard DebayleL’avenir

Au niveau des études fondamentales, les responsables du CICB décidèrent en 2002 d’arrêter les récoltes et les analyses, considérant que plus rien ne pouvait être découvert au niveau du Club. La place étant maintenant ouverte pour des études plus innovantes : études génétiques, lectures des isotopes (deutérium)… Toutes études auxquelles le CICB est et sera heureux de participer en fournissant les oiseaux nécessaires suivant les protocoles indiqués.

En revanche, au niveau de la chasse durable, de la connaissance des prélèvements et du suivi des populations, il a semblé aux dirigeants du CICB que des études de veille seraient profitables à la connaissance générale et à la défense générale de notre chasse en prouvant qu’elle ne s’exerce que sur les intérêts d’un capital intangible. Ceci fait l’objet de la page consacrée aux " Recherches actuelles ".